gerardmoncomble | L’enfant qui est né deux fois
16961
single,single-portfolio_page,postid-16961,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-title-hidden,side_area_uncovered_from_content,qode-child-theme-ver-1.0.0,qode-theme-ver-7.6.2,wpb-js-composer js-comp-ver-4.12,vc_responsive

Enfant-qui-est-ne-deux-foisL’enfant qui est né deux fois
2003. Album. Conte
Épuisé, disponible en bibliothèque ou chez l’auteur.

ILLUSTRATIONS : Régis Lejonc

ÉDITEUR : Milan

PUBLIC : Dès 7-8 ans

ISBN : 2 7459 1763 3

RÉSUMÉ :

Uutoq n’est plus. Pourtant il veut revenir parmi les siens. Mais comment le pourrait-il, lui qui désormais ne pèse guère plus qu’un moineau des neiges ? Lui que personne ne voit ? Lui dont la voix est si fluette que nul ne l’entend crier ? Ce récit conte le long voyage de l’âme d’Uutoq au Pays des Hommes

 

EXTRAIT :

« L’histoire que tu vas entendre est ancienne. Je la dis avec ma bouche d’aujourd’hui, avec les mots que je connais à présent. Mais depuis qu’elle a eu lieu, la glace qui recouvre le Pays des Hommes a fondu de nombreuses fois. Je ne saurais dire combien. Beaucoup, beaucoup, plus que mes deux vieilles mains réunies, beaucoup plus.
Oui, c’était autrefois, à Kimiut.
Le froid était pareil à un monstre terrible et sombre. Le froid tenait dans ses griffes les familles blotties dans leur maison d’hiver. Avec lui étaient venues la faim et la peur.
Cela durait depuis si longtemps que tous avaient oublié ce qui les entouraient. Il n’y avait plus de ciel, ni de mer, ni de montagnes dans leurs yeux. Rien que la pénombre, car on avait mangé la graisse des lampes depuis longtemps. Ils n’entendaient que la voix effrayante de Neqaja, le vent de nord-est, qui soufflait sans cesse sur Kimiut depuis des jours et des jours. Tous se serraient les uns contre les autres et attendaient.
Parmi eux, il y avait le chasseur Nada, et Oqisu, sa femme. Oqisu, grosse d’un enfant à naître, était allongée sur la plate-forme commune. Nada était assis près d’elle, sur les peaux. De même Kâgâ, l’accoucheuse, car la naissance était proche.
Elle eu lieu plus tôt que prévue, et se passa mal. L’enfant d’Oqisu ne cria pas. Il était si faible qu’il respirait à peine. Oqisu sut qu’il ne vivrait pas longtemps. Vite, elle nomma l’enfant : « Tu t’appelleras Uutoq. Ainsi tu seras mon enfant pour toujours. Tu vivras dans mon cœur. »